Archives de la catégorie ‘De 1983 à toujours…’

Je fus une dortmundoise, petit filou !  http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/0/0e/De-Dortmund.ogg

Je vois déjà vos sourcils français se froncer ! Mais où se trouve Dortmund? Que diable es-tu allée faire dans cette galère ? Rodrigue a-t-il du cœur ? Reprendras-tu de la salade ? Et la reine de toutes les questions, die Königin auf alle Fragen : Pourquoi ? Warum ?

Et bien, calmez-vous, mes amis, je m’en vais vous compter comment je suis tombée amoureuse de l’Allemagne.

Tout commença en CM1, à 9 ans. Dorothée, une charmante grande allemande brune aux longues jupes et aux chaussures en toile sus-renommées par mes compères et moi-même « pue-pieds » nous donna goût à cette langue ! Elle fut chargée pendant 2 ans de nous apprendre des chansons et quelques rudiments de cette jolie langue gutturale. Je fus même l’héroïne du spectacle de fin d’année à la kermesse de Paul Eluard et entonnai la chanson « Party, Heute ist Party !», une chanson sur une jeune coquine organisant une méga teuf pendant que ses darons se barrent au ciné ! Quelle friponne ! Was für eine Friponne ! Je me revois sur scène, du haut de mes 9 ans, moulée dans un caleçon long aux imprimés bleus improbables, avec ma queue-de-cheval et mon début de calvitie… Oui, calvitie ! Rigolez-pas, merde ! Pendant un moment je portais tout le temps des queues-de-cheval très serrées, tellement serrées que j’ai commencé à perdre mes cheveux sur le devant… méfiez-vous des chouchoux… méfiez-vous… saloperies, va ! Imaginez Père Fourras en train de chanter en allemand…

Après avoir découvert le monde merveilleux « Kinderland » (le monde des enfants) de Tina und Flori avec leur ami Robot Bim, après avoir chanté à tue-tête les chansons à texte « eins, zwei, drei, zimzalabim » (1, 2, 3, zimzalabim – le « abracadabra » allemand), « ich habe Hunger, Hunger, Hunger, habe Durst, wo sind die Cola, sind die Würste ? » (J’ai faim, faim, faim, j’ai soif. Où sont le coca et les saucisses ?), ou encore la chanson de Bummi, l’ours en peluche, ma persévérance dans l’apprentissage de cette langue fut une évidence !

Les contes musicaux que nous faisait découvrir Dorothée nous faisaient voyager dans nos petites têtes d’enfant. Nous étions loin des clichés comme quoi, certains allemands avaient de jolies lampes dans leur salon…voyez ? http://youtu.be/MnyrzUR5A0c?t=13s

Hallo FreundeLorsque ma mère me proposa de prendre allemand 1ère langue au collège, je ne pus que me réjouir ! Mes deux compères de toujours, Filochard et Krokignol me suivirent dans cette magnifique aventure. Les cours d’allemand avec Madame Desfêtes (et non « Défaite », ça la foutait mal, pour une prof d’allemand…) étaient haut en couleur. Elle avait toujours une petite anecdote à nous raconter, qu’elle nous contait en rabattant les deux pans de son gilet l’un sur l’autre : « Je vais vous raconter une petite anecdoooote ». Nous découvrîmes les aventures de Udo Waldmann et de sa sœur Brigitte qui avait une amie Karine dans les fascicules « Hallo Freunde ». Premier cours d’allemand, premier dialogue, je m’en souviens comme si c’était hier :

« Udo Waldmann, ja… Moment… Brigitte!! Telefon !! Es ist schon wieder deine Freundin Karine !»

Capitaine Burracho dealeur de putes mecs

Capitaine Burracho, dealeur de putes mecs en Rhénanie Soviétique

Séquence-émotion poignante puisque nous découvrions Udo Waldmann, un ado allemand blond -puisqu’allemand-, décrochant le combiné de téléphone filaire (à l’époque les GSM intelligents n’existaient pas) : «Udo Waldmann, oui, un moment je vous prie… Brigitte, téléphone !! C’est encore ta connasse de copine Karine !! ». Au fil de leurs aventures, nous découvrions le vieux loup de mer à moitié bourré qui veut embarquer Udo dans une cale de cargot sale pour Valpareso, afin de le revendre sur le marché d’la pute mec.

A côté de ça, Brigitte, avec son prénom pourri, tombe dans la dope et la luxure accompagnée de sa copine Karine puisqu’elles sortent tous les soirs à la « Fabrik », boîte en vogue en RDA.

Leur tante préférée, Tante Emma, noie son chagrin dans le Schnapps et la Schlagsahne (crème fouettée) jusqu’à en devenir obèse. Je me souviens d’un chapitre où elle quittait son domicile et oubliait ses cachetons… Ich habe die Tabletten vergessen…Oui bah vas y mollo sur l’prozac, Tante Emma…

Ces livres nous ont dépeint la décadence de la société allemande et ont attisé ma passion pour ce peuple.

Les années lycées furent ponctuées de rencontres avec nos correspondants allemands trop rigolos ! Nous rencontrâmes Uli (Ulrich), le beau gosse que toutes les françaises rêvaient d’embrasser sur la bouche. Il n’avait d’yeux que pour moi, la Juliette qui fait rire, même en allemand ! La correspondante de Krokignol s’appelait Franziska Strasser. C’était une petite bonne femme aux cheveux rouges, fan du film Lola rennt (Cours, Lola !) qui parlait parfaitement le français. Nous la surnommâmes « Franziska Brel »… Notre hommage au chanteur à moustache, elle adorait ça !

La musique allemande accompagnait nos vies. On aimait regarder les chaines Viva et Viva Zwei car leurs présentateurs étaient vraiment classes, drôles avec des looks improbables et assumés ! Tandis que la France avait Charlie et Lulu, animateurs mités et has been de la seule émission de « musique » de l’époque. La Grande Allemagne avait Niels Ruf et son émission Kamikaze, une sorte de Michael Youn dans ses années Morning Live, mais en plus beau gosse et plus WTF !

Ah ! Que de soupirs en pensant à leurs chanteurs à l’eau de rose, on adorait, parce qu’on les trouvait 100 fois plus kitchs que les nôtres !

Christian Wunderlich et sa machoire inférieureIls avaient Christian Wunderlich. Le nom de ce mec est une blague ! Christian Fantastique ! Sans déconner !! Un blondinet prognathe tout maig’ qui surjouait le beau gosse dans des clips plein de clichés. Il piquait la meuf black d’un caïd de la drogue des cartels de noirs latinos d’Allemagne de l’Est. Que même à la fin du clip sa meuf s’interpose entre son ex et Christian Fantastique et elle meurt d’un trou de balle sous la pluie! Putain qu’c’était beau ! In Heaven with You… ouaich ma gueule, ça c’était du texte!!

Purée!! Je sors ce clip du grenier… Oli P avec “Flugzeug im Bauch »… «(littéralement: un avion dans le ventre)… va falloir manger des fibres, gars ! Un magnifique duo digne des meilleures chansons des années 90. Avé des chœurs et des effets de voix à la Ophélaï no soucaï… A écouter, vraiment si vous avez la foi… http://youtu.be/KPP4Rqt8waw

Mais c’est aussi grâce aux chaines musicales allemandes que j’ai découvert de bons vrais groupes, parce qu’ils avaient les sorties des derniers albums avant la France, et ça, c’était bonnard!

Petit coup de cœur pour Die Ärzte (les médecins) qui chantaient Männer sind Schweine (les hommes sont des porcs).

Et surtout, Big Up à Guanos Apes!!

 

TO BE CONTINUED —- NOUS N’AFONS PAS TIT NOTRE TERNIER MOT, ACH! ——- Part 2 à venir

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Vous souvenez-vous des jeux à la con auxquels vous jouiez avec vos frère/sœur/cousin/cousine/poney/doigts ?

Oh moi je m’en souviens comme si c’était hier !

Pour ce qui était des jeux en tête à tête avec ma sœur, nous avions 3 jeux auxquels nous jouions dans le lit de mes parents.

  • Mon arme c’est Guili-Guili à prononcer sur un ton de suspense qui monte petit à petit, du style : « mon…arme…. c’est…. GUILI-GUILI !! » – Ce jeu se résumait à des attaques de guilis, la créativité ne nous avait pas étouffées ce jour-là !
  • La bataille de têtes. Nous nous mettions front contre front et nous faisions la bataille de têtes. Ça se finissait généralement par une des deux qui chialait avec une putain de migraine
  • Le jeu qui n’a pas de nom mais que je nommerai « la menace de la bave » ou « Slime Battle » ! Ma sœur se mettait sur moi qui étais allongée et me menaçait de sa bave la plus gluante. Elle la faisait descendre, monter, redescendre, remonter… et je me débattais !

Une variante existait… « vomit battle »… dois-je vraiment expliquer ? La menace du vomito sur ma petite tête ! Tout ça me faisait quand même bien marrer !

Quelques années plus tard, je pense que la vie m’a vengée. Ce jour où ma grand-mère Mamina, qui avait mangé une côté de porc congelée/décongelée/recongelée/redécongelée/la vieillesse-c’est-dangereux-pour-la-santé, dormait dans la chambre de ma sœur et n’eut le temps de trouver la porte de sortie. Et beuuaaaaa sur la chaine hi-fi! La chaine prit un sale coup ainsi que… tous les CDs de ma sœur !

Je revois encore ma mère à 3 heures du mat’ ouvrir les CDs de ma sœur un à un, avec ma grand-mère pâle comme les draps fraichement changés de son lit, tandis que ma sœur en pleurs contemplait les livrets de paroles des Guns n’ roses collés aux sucs gastriques ! Guns n’ roooooses, Metallicaaaaaa, Red Hoooooot, tous y passèrent ! Tu voulais du Hard, tu as eu du Hard, ma fille !

M. Patate

Dans les jeux avec mes cousins, tout se passait en Normandie chez mes grands-parents en pleine campagne avec les poules et autres animaux décrépis de ma tante Keunass et mon oncle Concon Mimi. (Tonton Michel, mais nous on l’appelait Concon).

Nous avions créé le Club des Supers. Une sorte de club inspiré des intrépides, mais en mieux parce qu’on n’avait pas l’accent québécois ! Nous étions tous gradés, j’étais l’infirmière du club (j’ai toujours voulu être nue sous une blouse)… alors qu’en fait on avait nos vieux vêtements trop moches qu’on laissait chez mes grands-parents exprès.

La seule activité du groupe consistait à virer ma cousine (la plus jeune), du clan, et de lui proposer de re-rentrer dans le clan, si elle réussissait l’épreuve d’attrapage du coq… ça pouvait durer longtemps, mais ça nous occupait pendant les vacances de la Toussaint pluvieuses et grises à Marolles.

Bon je passerai rapidement sur le fait que je jouai au docteur avec… ma voisine… oui, oui, voilà, voilà… !

Sinon avec Krokignol on aimait beaucoup secouer nos popols par la queue et les lancer tels des lance-pierres… Ne vous avisez pas de sortir cette anecdote de son contexte ! Sérieusement, vous vous rappelez des Popples ? Ces peluches que nous, français, appelions Popols. Le marketing, à l’époque ça n’existait pas, sans déconner !!

Une peluche qui s’appelle Popol et dont la particularité est de pouvoir être rentrée dans une poche attenante à son dos… une sorte de gros prépuce en fait. Seriously ? Moi je l’aimais bien mon Popol, il était violet, comme mon déguisement de ptérodactyle gay ! Oui ! C’est lui, là, en-dessous ! Je l’ai retrouvé sur le Internet !! Il finit sa vie aux Iles Caïman avec de la coke et des putes!

popples violet

Sinon en vrac il y avait… les partie de Barbies qui se finissaient en grosse partouse géante vers l’âge de 9/10 ans, les parcours en livres qu’on faisait pour nos hamsters, fumer des clopes en papier avec du coton… mon Dieu, paie ton cancer à 8 ans !

Tu me diras, ce n’est pas pire que les jeux de Krokignol avec son frère ! Son frère essayait de l’endormir à l’éther ! My God, elle a survécu à tout ça !

En y repensant, la « slime battle » c’était soft…

Il y avait aussi le jeu de celui qui s’endort avant l’autre. Quand tu dormais chez des copines, le but était de faire parler l’autre et de s’endormir avant ! Moi je gagnais tout le temps… sauf les fois où ma mère en avait marre de nous entendre et qu’elle venait me chopper en flag pour me faire dormir avec elle… haaaaan trop la honte !

Je finirai cet article sur une citation sur le thème du jeu d’enfant qui m’a touchée profondément…

« Dîtes à une femme deux ou trois mots qu’elle ne comprenne pas, d’aspect profond. Ils la déroutent, l’inquiètent, la rendent anxieuse, la forcent à réfléchir et vous la ramènent consciente de son infériorité, sans défense. Car le reste est un jeu d’enfant. » de Jules Renard

MAIS JE VAIS LE BUTER CE CON !! J’t’en foutrai ! Bon certes, j’ai relu 3 fois la phrase et j’ai mis les mecs des chiffres et des lettres dessus, mais quand même ! Tu vas trop loin, Jules !

Allez, la vraie citation de fin, d’un allemand, voilà qui est sérieux. Les allemands sont de vrais gentils !

« La maturité de l’homme, c’est d’avoir retrouvé le sérieux qu’on avait au jeu quand on était enfant. » de Friedrich Nietzsche.

Dis Friedrich, tu crois que je suis mature ?

Pas dans le sens périmée, hein… ?

Continuons le tour dermatologique de ma vie. Halte-là, me voilà au lycée!

1999-2001 : les années Lycée

Nous voilà bourlinguant dans un lycée catholique… enfin… un institut… une fois de plus, les catholiques savent vraiment bien choisir leurs mots !

Quel monde froid et terrifiant rempli de jeunes gens riches aux esprits étriqués. Oui car pour eux, nous étions de « la zone industrielle »… N’habitant pas dans les hauteurs de Saint Germain-en-Laye, nous étions pour ainsi dire des « étrangers »… voyez ? Ces « étrangers » aux fringues H&M, aux discours décomplexés, aux cheveux soyeux, à l’humour fin… enfin, vous voyez quoi ? Ces « étrangers » là !

Première épreuve : le week-end d’intégration au Mont Saint Michel, ouaich ma Nonne !

Je ne peux pas cracher sur tout. Dans le car qui nous y emmenait, nous avons rencontré Mona, qui devint « Mona la caille », la seule racaille Iranienne de l’Institut Notre Dame qui avait été, elle aussi, parachutée from Cergy to Saint Germain pour réussir à l’école. Quand j’y repense, elle a tenu 2 mois, et est partie dans des conditions obscures qui ont été surement occultées par mon inconscient.

Arrivés au pied du Mont, on nous annonça qu’on allait faire la traversée du Mont à pieds. Super expérience ! Patauger pieds nus dans la vase, s’enfoncer dans des sables mouvants, cela m’a valu les meilleurs fou-rires-pissou de ma vie. En effet, j’en compte quelques-uns… à noter que toutes les fois où je me suis pissée dessus c’était toujours en binôme avec mon compère Filochard… étrange…

Pendant ce temps, Mona chantait « Yannick j’aime ton flow, j’aime ta voix, j’aime ton style, mais surtout j’aime ta maille ! »… c’était juste avant que Yannick sorte son tube interplanétaire « cette année-là », souvenez-vous !

Après la traversée, tout s’enchaina, nous n’eurent pas le temps de comprendre ce qui se tramait que nous étions déjà tous assis en cercle dans une MJC autour de Dominique et sa guitare…

NAAAAAAAAN !!! Pas des chants de propagaaaaande !

La Jeannette psychopathe en moi se léchait les babines et laissait apparaitre de jolis crocs, tandis que la jeune Hardeu-rockeuse me criait de résister à l’oppression !

Revenons à Dominique… Dominique était un professeur de français blond aux cheveux hirsutes. Il était un peu la star du lycée dans le sens où il composait des chansons à la gloire de Dieu, Jésus, Marie, Joseph et toute la smala. Il se promenait toujours avec sa guitare et son tabouret pour poser la jambe sur laquelle il posait sa guitare. Une sorte de ménestrel que tu aimerais bien ébouillanter à l’huile. Vous situez ? C’était en quelque sorte le Goebbels de l’Institut avec ses chants religieux qui font bouger les djeuns aux pulls sur les épaules…

Les gens m’appellent l’idole des cathos, il y en a même qui m’envient!

De ses meilleurs titres nous retiendrons :

–          t’es pas tout seul, un titre profond qui met en rejet la société individualiste. Il t’explique que Jésus est derrière chacun de tes pas. Une chanson qui fait grave flipper quand tu y réfléchis bien parce que… bah merde quoi, ça fait flipper de te sentir suivi, épié, scruté, dans la joie, la bonne humeur et la Paix du Seigneur !

extrait en LA mineur : « t’es pas tout seul ! qu’ess’t’as ? des doutes ? Quelqu’un va marcher sur ta routeuuu. Sais-tu ses yeux ? Sais-tu ses doutes ? Sais-tu ses rêves et ses dérouteuuuu ?

–          Comment t’écris 2000 ? On notera quand même que pour un prof de français, il fait beaucoup trop de contractions du français. Pour un catholique averti (en vaut mieux que deux tu l’auras), il se pose quand même beaucoup de question. Comment faire confiance à quelqu’un comme ça ? Je vous le demande… mais là n’est pas la question.

Dans cette chanson, nominée dans la catégorie Chanson de l’année aux Victoires de la musique 2000, il est question d’orthographe. « Comment t’écris 2000 ? Comment t’écris 2000 ? Tu mets un 2 et trois zéros ! » Plus que de l’orthographe, c’est un pied de nez aux mathématiques ! Cette chanson fut composée en l’honneur du Jubilé de l’an 2000… Oh? Sans déconner !Evènement moultement attendu par la communauté catholique, presque autant que le Bug pour les informaticiens…

Autant vous dire qu’en 2000, on en a bouffé des rassemblements dans le gymnase en mode Vél’d’hiv ! Je vous jure, j’exagère à peine ! Parfois le matin, ils nous prenaient par surprise en nous faisant entrer par le grand portail et sous les auvents, notre trajet était guidé par des bougies qui bordaient le chemin. Nous arrivions ensuite dans le gymnase où nous attendaient Dominique, sa guitare et son tabouret, tous trois chauds comme la braise pour célébrer Dieu et ses Saints, Alléluia ! Alléluia !!

Quelque peu hermétiques à ces pratiques, nous furent rapidement surnommées les Satanistes, tout ça parce que nous avions fait les cornes du diable avec nos doigts sur la photo de classe… alors que nous n’étions pas Satanistes, mais Gothico-métallo-rebelles ! Au moins, les menaces de mauvais sorts fonctionnaient bien, et dans l’ensemble, on évitait de nous emmerder !

1998 : rencontre de mon premier amour. Un jeune métalleux torturé façon The Cure qui sait pas où il a mal. Cette histoire dura 2 ans.

Nous trainions avec la bande de potes de mon mec, ils avaient un groupe de rock. Je sortais avec le batteur, Krokignol avec le chanteur guitariste. C’était la belle vie, on buvait des despés sur les bords de Seine (un pack de 6 pour 10) et avec Krokignol, nous avions même acheté au tabac de Parly 2 un paquet de 10 de Marlboro light en cachette de sa mère… La liberté, mon pote!

3 Juin 2000 : L’apogée de cette période fut sans aucun doute, le concert du 3 Juin. Queuwa ?? tu sais pas qu’il y avait eu LE concert du 3 Juin ?

Mon mec, qui ne l’était plus pour la 3è fois de notre relation, avait organisé un concert en plein air dans le jardin de ses parents pour fêter son anniversaire.  C’est ce soir-là qu’on ressortit ensemble. Ma bande et moi-même décidâmes également que c’est en ce jour qu’il faudrait dorénavant fêter la « Fête du Slip ». A vrai dire je ne sais pas pourquoi, mais c’est, depuis, une vraie tradition et nous ne manquons jamais de nous la souhaiter.

Eté 2000 : le glas de ma relation a sonné. Une scission au sein du groupe est entamée. Dans notre clan : Krokignol, son mec le chanteur, sa sœur la Beubon. Les soirées d’été se succèdent, laissant choir des cadavres de bouteilles de bières.

C’est toujours sur les coups de 3 heures du matin, lorsque tout le monde commençait à mollir que la soirée prenait un tournant bizarre. Ce tournant, nous l’attendions tous, il était connu sous le nom de… L’expédition punitive !

Nous montions dans la chambre des parents de Krokignol, enfilions chacun un caleçon de son Daron ainsi que des bas de sa mère sur nos têtes et nous chaussions nos Docs. Un sac rempli de cadavres de bières sur l’épaule, nous nous faufilions dans la nuit jusqu’à la maison de mon cher ex-métalleux-torturé-je-sais-pas-où-j’ai-mal pour disposer gentiment chaque bouteilles vides unes à unes sur le pas de la porte. Cela fonctionnait également avec des vieilles valises jetées par les voisins, ou encore des sacs rempli de gazon fraichement coupé. Tout cela était fait à moitié bourrés tout en rigolant pas trop fort afin de ne pas être repérés…

C’était bon d’être cons !

Rentrée 2000 : je deviens étudiante… attention, on ne déconne pas… Juliette Pirouette en école de commerce… !

J’ai flirté avec le catholicisme…le jour où nos mères nous ont proposé de devenir Jeannettes. Nous ignorions, pauvres de nous, ce qui nous attendait.

Sur la brochure : une vie en communauté en pleine nature à construire des cabanes en bois.

La réalité : une expérience communiste chez les bourges dans une salle humide sous l’église du Vésinet.

Cette expérience atteignit son paroxysme lors du camp d’été en Normandie. Quelle belle idée !

Déjà, le mot « camp » était très bien choisi, vraiment… non mais vraiment !

Nous voilà parties, les bourges du Vésinet, mes compères et moi-même en car jusqu’à un champ prêté gentiment par des normands.

Premier jour, dépôt des sacs de voyage sur une bâche au soleil (oui, il faisait beau en Normandie), où je vis des centaines d’araignées courir sur nos valises… le calvaire ne faisait que commencer…

Petit rappel pour ceux qui ne savent pas, je suis phobique des araignées en mode très con (je suis capable de me mettre nue devant des invités parce qu’une araignée me grimpe dessus… true story… je n’ai plus revu ces invités par la suite…). J’ai également une certaine passion pour la propreté, l’hygiène intime et tout ce qui permet de me sentir bien le cu-cul au frais qui sent bon l’amour et l’innocence.

Bref, nous voilà toutes ensembles dans ce camp de jeannettes aux allures de goulag communiste.

Tout d’abord, il nous fallut monter nos tentes. Les tentes étaient assez rudimentaires puisque c’étaient des canadiennes dont le tapis de sol n’était pas rattaché à la toile !! what’s the fuck ?? ah pardon, si… autant pour moi, il fallait faire un nœud-nœud tous les 30 cm et avec ça, c’était certain, tous les insectes à la con allaient être stoppés et ne pourraient pas rentrer dans la tente et hanter mes nuits et me faire transpirer pendant les 12 heures qui me séparaient d’un jour à l’autre ! Non, ils ne pourraient pas !

Vint ensuite le temps du manger ! Nous avons commencé par mettre en commun tous nos accessoires pour manger. A savoir cette putain de gamelle avec ses couverts ainsi que nos gobelets. Sachant que nous avions acheté ça la peau des fesses au vieux campeur, ça faisait mal de tout mettre en commun et que les petites bourges récupèrent ta gamelle propre et neuve et que toi tu bouffes dans une de leurs gamelles toute cabossée. Mais bon, on essaie d’être catholique, alors il faut faire des efforts. Si tu crois que Jésus avait bouffé dans sa gamelle le dernier soir, tu te mets le doigt dans l’œil ! L’histoire dit qu’il avait bouffé dans celle de Juda et que ça l’avait rendu un peu chafouin…

Rassure-toi, jeune jeannette communiste, en 10 minutes le problème fut réglé puisqu’une tradition quoique surprenante voulait que l’on fasse un maximum de bruit, ouaich big up à Jesus, en tapant comme des bourrines sur la table avec nos gamelles. Bah voilà !! Ma gamelle toute neuve vient d’être totalement défoncée par une jeune morue des familles ! Problème réglé !

Fin de la première journée… on ne se lave pas les dents ? NON ! On ne se lave pas les fesses ? NON ! On ne se lave pas…. Ouai, c’est ça, on ne se lave pas !!

Un esprit sain dans un corps qui pue…

Deuxième jour, il faut le dire, on se faisait chier, mais vraiment ! On a fait une ballade dans la forêt, on a construit des feuillets et une table de cuisson.

Les feuillets… cet endroit mérite un paragraphe dédié. Nous avions creusé un trou, mis 2 planches pour faire un tout schuss caca, et une toile avait été tendue tout autour tel un tipi.

Sauf que fermer un endroit pareil quand on est 30 chieuses, ça refoule vite. Par ailleurs, la toile était infestée d’araignées, alors autant vous dire que je n’allais pas y mettre les fesses !

Je trouvai rapidement l’échappatoire à une occlusion intestinale certaine lorsque je vis le sous-bois, en bas du camp… Le sous-bois et ses odeurs de mousse, ses petits arbres biscornus, ses racines apparentes et sinueuses. Le sous-bois où je prenais plaisir à poser culotte au pied d’un arbre… Je fus bientôt suivie par la totalité du camp qui trouvait que la poésie du lieu se prêtait à l’exercice.

Le jour de notre départ, les cheftaines nous ordonnèrent de nettoyer notre merdier et nous fûmes contraintes de ramasser nos crottes à bouts de bâtons, tandis que Krokignol trainait derrière elle le Saint Sac à purin…

Outre le fait que nous n’avions aucune hygiène que ce soit, nous crevions la dalle.

Troisième jour, les cheftaines organisent un concours de cuisine ! Youpi ! Nous allons pouvoir inventer des recettes et cuisiner de bonnes choses, nous qui avions tellement faim ! Chaque sizaine avait rédigé son menu, puis après l’avoir sagement préparé, nous fîmes gouter nos plats aux cheftaines. En résumé, nous étions 5 sizaines, donc 5 plats et 5 desserts à gouter par les cheftaines et nous… bah… que dalle ! On était là pour cuisiner, par pour manger, bande de troufions ! Faut pas confondre ! Heureusement, nous avions réussi à chopper la boite à Benco (dans ce contexte là, ça peut prêter à confusion, mais je parle bien là du chocolat en poudre…) et nous mangions le Benco directement dans le pot tellement nous avions faim.  J’ai enfin compris ce qu’avait vécu Moïse pendant la traversée du désert… et pas un seul veau d’or à s’foutre sous la dent !!

Fin du troisième jour… on se lave ? non, pas la non plus…

Un esprit sain dans un corps qui commence à avoir des rougeurs sur les zones de frottements…

Quatrième jour, allons faire un tour à la messe dans la chapelle du coin animée par un curé de la lignée des Dutroux. Filochard, l’impie non baptisée ne communia pas, la horde de bourges la méprisa au plus haut point mais fut surtout étonnée qu’elle ne prit pas feu en rentrant dans l’église…

Les journées se succèdent, la déprime s’installe, les nuits emplies d’araignées sont de plus en plus difficiles. J’ai beau envoyer un courrier à mes parents, ressemblant à une lettre d’adieu, rien n’y fait, nous passâmes 6 jours entiers sur place sans que l’on nous vienne en secours.

Je me souviens qu’il m’était insupportable de voir le soleil se coucher. Il me rappelait que ma tente infestée d’insectes en tous genres m’attendait, criait mon nom… Le pire moment était lorsque nous étions autour du feu de camp, assis sur des rondins, engloutis par le noir de la nuit… Dieu seul sait ce qui était derrière nous ou sur nous. Nous chantions des chants de cathos intégristes puis quand vint le moment de chanter « Bonsoir Petite Sœur », mon cœur s’emballait… Ce chant était synonyme de mort, désolation, calvaire… Je pense que j’aurais pu être canonisée pour avoir subi tant de souffrances…

Bonsoir Petite Sœur

Dans la Sainte Paix tous nos cœurs sont unis

Bonsoir Petite Sœur

Bonsoir et bonne nuit

NAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAN !!! Je veux pas y aller !!! Me laissez pas dans la tente !!!

Là se réveillait l’angoisse.

Krokignol avait été désignée d’office pour avoir la place la plus pourrie de la tente, à savoir l’entrée. Malgré une savante technique de fermeture consistant à mettre tous les objets que nous possédions de manière à maintenir la toile de tente contre le tapis de sol pour limiter les interstices, les bestioles rentraient quand même. Ma torpeur commençait.

Un autre principe de base était de fermer mon duvet au maximum si bien que seul mon nez dépassait. J’en ai fait passer des nuits horribles à mes compères. A rêver que nous mettions en place un piège à araignée avec un cageot retourné et un bâton en bois attaché à une ficelle afin de prendre au piège ces bêtes horribles. Je m’étais alors réveillée lorsque je dis à haute voix dans mon sommeil « ya plus qu’à tirer »…

Au réveil, je vis que Filochard avait disparu de la tente ! Qu’était-il arrivé ??? bah rien… juste qu’on avait planté notre tente dans une pente et que, par conséquent, Filochard avait glissé dehors. Seule sa tête était encore à l’intérieur.

Cinquième jour, Filochard et moi-même étions de corvée d’eau. Nous voilà partie avec notre brouette et notre jerrican pour aller prendre de l’eau dans la grange des propriétaires. Après s’être éclaboussées, nous fîmes la connaissance d’un gros bouc joueur qui se mit soudainement à nous courser… faut dire qu’on l’avait un peu provoqué en insultant sa mère… Après avoir renversé la moitié de l’eau du jerrican et s’être à moitié pissé dessus de rire, nous arrivâmes au camp avec le précieux or bleu.

Et sinon, on peut se laver là ? siouplé, on a le bonbon qui colle au papier, mais grave, en mode effervescent !

OUI !

Oh ? sans déconner ?

Si, si, mets ton maillot de bain et tes bottes, remplis ta cuvette d’eau claire et vas-y, fais toi plaisir !

Qu’est-ce qu’on était sexy en maillot-bottes caoutchouc au milieu d’un champ… le tout était d’utiliser l’eau dans le bon ordre. On préférera d’abord se laver les dents (ou ce qu’il en restait) puis se laver le cu-cul…

Alleluia, Dieu est ressuscité, et mon haleine aussi !

Un Esprit Saint dans un corps irrité

Sixième jour, le jour des récompenses.

Laissez-moi vous rappeler quelques principes de base de la jeannetterie.

Chaque année d’expérience est marquée par la remise d’une fleur de couleur. Tu la reçois si et seulement si tu l’as méritée. Sur quels critères ? L’aide que tu as apportée, ta bonne humeur, ta solidarité… ouai, ouai, c’est surtout si tu as bien sucé des bites tout au long de l’année pour bien te faire voir !

La fin de la première année, c’est la remise de la fleur bleue (tu sais, celle que le curé a essayé de te prendre). Autant vous dire qu’au niveau bon esprit, bonne humeur et suçage de bites, je n’avais pas trop performé ! J’ai donc tenté la technique acteur studio, à 2 jours de la fin du camp, j’ai chialé ma race « je suis désolée, j’ai pas fait beaucoup d’efforts mais je ne savais pas comment aider les autres, mon cul sur la commode, blablabla, tu vas m’la donner cette putain d’fleur ?? »

Et oui, parce qu’on n’est pas jeannettes sans casser des œufs ! Et je peux te dire, mon Ptit, que j’en ai cassé des œufs dans ma carrière !

Finalement mon numéro de jeannette éplorée m’a fait récupérer ma fleur bleue à coudre sur mon bel uniforme ! Imaginez la honte ultime de ne pas l’avoir après une année de calvaire !!

Un esprit malsain dans un corps qui croute

Septième jour, pendant que Dieu se reposait, ma mère ouvrait mon sac et manquait de tomber dans les pommes dû fait de l’odeur qui s’en dégageait. L’eau de mon bain était noire.

« Une semaine sans se laver, elle est belle la religion catholique !! » dixit  ma Monmon, sponsorisée par Domestos.

Ma vie d’enfant de 10 ans à l’hygiène intime irréprochable repris son cours normal grâce à une crème répatrice de chez Avène.

Un esprit d’enfant dans un corps qui sent bon la cajoline

Je pense qu’il est intéressant de voir ma vie sous l’angle dermatologique. Nous verrons donc ensemble quelques dates importantes qui m’ont permis de passer d’une peau à l’hydratation équilibrée à une séborrhée bien prononcée.

Alors, finalement, qu’est-ce que la séborrhée ?

Et bien, tout simplement, une maladie anti-inflammatoire provoquée par un écoulement excessif des glandes sébacées (rien à avoir avec le cachalot).

Bref, je m’égare, voici donc les dates phares à retenir :

1983 : Naissance à l’hôpital Foch par une belle soirée d’Automne, ce 26 Septembre. (ce qui vous permet de l’ajouter dans vos agendas).

1986 : Rencontre de celles qui deviendront ses meilleurs compères, Krokignol et Filochard dans un tonneau en béton dans la cour de

l’école Paul Painlevé. Ouai gros ! Nous on jouait dans des tonneaux en béton peinturlurés, seuls les plus agiles et plus édentés savaient grimper dessus sans (presque) s’étaler de l’autre côté.

bon bah faut se l’imaginer à l’époque avec nous 3 dedans et sans les ptits Israéliens réfugiés quoi…

Notre maîtresse nous surnommait les « Pots-de-rillettes » parce que nous étions toujours en train de rire. Comme c’est mignonnet !

1989-1993 : années primaires

Printemps/Eté 1989 : Interdiction d’aller à la piscine municipale sans adulte pour cause de maitre-nageur pervers en moule-bite rouge façon bonnet de Cousteau. Soit dit en passant, ce maitre-nageur était quand même hyper connu pour prendre en photo les jeunes filles en fleur aux seins nus pour les afficher dans sa cabine. Ah, comme quoi, on était moins rabat-joie que maintenant et on savait profiter !!

A cette époque, j’ignorais encore que je prendrai goût à l’exhib… nan j’déconne, c’était juste pour voir si vous dormiez !

C’est en cette même année de fête du bicentenaire de la révolution française que j’eus la chance de porter mon plus beau costume de sans culotte – à cette époque également, j’ignorai que j’y prendrai  goût… – La classe dans la cour de la maternelle.

1990 : Guerre du Golfe, peur des bombardements sur Paris, je suis déçue de ne pouvoir défiler dans les rues de Montesson pour le carnaval, surtout que j’avais trop déchiré sur la confection de mon costume de Ptérodactyle Gay –oui … il était mauve…

1993 : nos mères eurent la bonne idée de nous inscrire aux Jeannettes. Expérience sur laquelle je reviendrai surement dans un prochain article.

1994-1997 : années collège

1995 : drame et cellule de crise lors d’une dictée sur le passé simple où je mis tous les verbes au passé simple sous prétexte qu’on venait d’apprendre à le conjuguer… un véritable échec vécu comme une injure… Je chialu comme une madeleine.

1996 : Premier baiser à l’âge de 13 ans. Ça m’a collé la gerbe.

Cette première expérience amoureuse m’aida à commencer à avoir des complexes lorsque mon cher amoureux devant ses amis pendant la récré me scruta et me dit « hey !t’as des poils dans l’nez !! ».

Après un travail sur moi-même et maintes discussions avec ma mère, j’en conclus que «ouai c’est bon quoi ! Je ne suis pas la seule, tout le monde a des poils dans le nez mais moi ça se voit plus que d’autres dû fait de la découpe de mes narines en accent circonflexes, connard ! ». En vrai, je n’ai pas dit « connard », puisque j’étais amoureuse et que je n’avais pas encore assez de complexes pour le quitter si tôt !

Les années collèges s’enchainent entre stress des exams et perte de poids.  Ma plus grande peur restant de me faire interroger en cours de maths et de sortir un gros rôt en guise de réponse.

Je découvre également que porter des docs c’est cool, mais opte plutôt pour le modèle économique de la halle aux chaussures, qui est moins cool, mais je ne m’en rendis compte que 3 ans après… voilà, voilà…

Il faut également savoir qu’ayant demandé un explorateur en 6è, je me le suis quand même coltiné jusqu’en 3è (la hooonte) parce qu’apparemment ça coutait une blinde et fallait l’amortir !

1997 : le brevet des collèges en poche, ma vie peut enfin commencer ! Je passe d’un collège public à un établissement privé… les emmerdes ne faisaient que commencer !

… la suite is coming soon les canards!….