Articles Tagués ‘boule noire’

Rond de cuirVous qui prônez des valeurs de respect, d’équité, de transparence, comment se fait-il qu’il résulte de vos actions humiliation et démotivation ?

Ne vous méprenez pas, j’aime travailler, j’aime mon job et je m’épanouis presque dedans. Si seulement nous pouvions supprimer certaines personnes en les dégommant comme au chamboule-tout !

Mais bien sûr, tu sais où me trouver lorsqu’il faut faire rentrer le chiffre, cracher pour que les actionnaires puissent s’enrichir. Après tout, ce n’est pas comme si, moi, j’allais beaucoup en bénéficier de tout ce pognon !

Tu sais mettre la pression, me caresser dans le sens du poil, mettre la pression, me tapoter sur l’épaule, mettre la pression, me claquer ta main sur le visage ! « Bah oui, tu sais, on compte sur toi, il faut absolument que tu livres la cam pour qu’on ait le bonus, bonus, bonus ! »

bo-bo-bonus, alors que revoilà Thierry Beccaro qui vient m’enfoncer la boule noir dans l’derch !

Pourquoi, là, ce soir j’ai envie de chialer de frustration ? Ok, ok, je prends quand même du recul, j’ai déjà craqué une fois pour une boite, on ne m’y reprendra plus ! Mais pourquoi j’ai envie de plonger les nez des « managers » dans une assiette de caca qui serait pas forcément de leur production ?

valeurs entrepriseLors d’évènements internes, où ton gentil patron te fait l’honneur de t’inviter à une soirée, tu t’attends à en ressortir galvanisée, motivée… Certes tu restes assis 3h30 sur des chaises inconfortables, à mâchonner du bullshit en tranches, en bâtonnets ou en sorbet, mais à la fin de cette session de bullshitage, tu vois qu’au bout du tunnel tu as un bon repas qui t’attend avec une soirée disco avec moult alcool à gogo ! Bah oui ! Pour sûr que ça vaut le coup d’attendre et d’ouvrir grands les yeux et les oreilles en affichant un grand sourire en regardant du bullshit en chansons, en films et en lumières.

Tous les jeunes (je me considère encore comme telle, laissez-moi rêver, c’est mon article) – donc je disais, tous les jeunes de ma génération, jeunes actifs commençant à être seniors sur leurs postes ont cette même réflexion : A quoi jouent les « managers » d’entreprise ? Croient-ils vraiment au monde merveilleux plein de valeurs qu’ils dépeignent ? Comment font-ils pour ne pas finir leurs grandes phrases éloquentes par « …… nan j’décoooonne !! »

Une entreprise qui clame des valeurs c’est comme si je disais haut et fort « Hey les mecs, Jacky Sardou est trop bonnass ! ». A qui tu veux faire croire cela ?!? Soyons un peu réalistes, nous sommes de la génération revenue de toutes ces belles histoires sur les entreprises dans lesquelles nos parents passaient toute leur vie et évoluaient.

Cette Entreprise avec un grand « E » dans laquelle le patron était un papa un peu strict et sévère mais qui n’hésitait pas à venir vous taquiner en temps voulu. Vous savez ? Comme dans les morales de fin de dessins animés ou tout le monde finissait par rigoler à grands coups de luettes écarlates ?un patron bedonnant et Monsieur Chombier

« – Alors, Chombier ? C’était moins une sur ce dossier ! Heureusement que vous avez envoyé le fax avant la fermeture ! HAHAHAHAHAHAHA

-Oui, Monsieur le Directeur, fort heureusement ! HAHAHAHAHAHAHAHAHA »

— the End—

Non… maintenant nous sommes conscients que tout bouge, tout change, que nous sommes dans une entreprise pour travailler et en échange on te donne de l’argent, qui s’appelle « salaire », tout est inscrit dans un « contrat » qui est sensé te « protéger » en cas de pépin avec ton employeur.

Master of PuppetsOn revient aux basiques, parce qu’au fil du temps, le bon papa bedonnant et strict est devenu une petite pute de marionnette mue par je ne sais quel maître du jeu aux bras multiples et sans cerveau ni âme. Le pire dans tout cela, c’est qu’on ne peut même pas en vouloir à la marionnette puisqu’elle n’a aucun pouvoir ! Elle fait… c’est tout… elle ne crée rien et ne décide de rien, elle fait !

Nous arrivons maintenant sur un schéma simple où l’humain n’est plus valorisé.

La « ressource humaine » se range dans 3 catégories :

  1. Les ambitieux qui ont des poils entre les dents – à force d’embrasser des culs – (Je me permets, ici, de citer les Bagdad Rodéo pour cette jolie formulation).
  2. Les bons soldats qui trouvent que la sodomie avec un parcmètre et du verre pilé, ça a peut-être du bon, je sais pas, je vais attendre de voir…

« – Oui !! … euh ! J’en ai marre !! Je suis encore parti à 21h, et ça fait 8 ans que j’ai pas eu d’augmentation !

-Mais pourquoi tu ne t’en vas pas ?

-Bah ché pas… J’te laisse, j’ai du boulot… »

3. Les gens qui bossent et qui prennent du recul quand ils ont trop mal à l’anu ! (Petite leçon de rappel : un anu, des anus. Voilà qui est fait. )

Moi je fais partie de la troisième catégorie ! Bah forcément, c’est la meilleure !

Merguez party trop lolAlors j’entends déjà mon ami Cocommuniste me dire « Non ! Erreur !! Les meilleurs c’est la quatrième catégorie que tu as censurée comme une enfoirée de droite ! Cette catégorie regroupe tous les humanistes grilleurs de saucisses et amateurs de rouge qui pique qui actent pour que les mentalités changent »

A cela, je répondrai, Ami cocommuniste, « oui, d’accord ok, mais yen a pas beaucoup des gens comme toi, mon ami et si tu te présentes aux Présidentielles, sache que je voterai pour toi » puis je lui offrirai un thé de mon tiroir pour couper court à tout débat trop long pendant lequel il utiliserait des mots de plus de 3 syllabes ! Non mais parce que pendant qu’il fait chauffer les braises et qu’il pique les merguez, moi j’ai du taf à terminer quoi, merde ! (et hop, on passe en 2è catégorie sans presque s’en rendre compte…).

Grâce à mon ami Cocommuniste, j’espère arriver en catégorie 4 et avoir ma première étoile d’ici la fin de l’année !

Mon ami Cocommuniste, un ami pour un monde meilleur ! Existe aussi en format de poche- Saucisses vendues séparément.

Non mais je déconne, je me moque, mais nous faisons face à un vrai dilemme.

Faut-il continuer à bosser dans des structures non adaptées qui nous balancent des bullshits comme du riz à la sortie de la messe ? Sachant qu’en plus, tu te retrouves une fois sur deux avec du riz dans le slibar…

Faut-il tout casser pour tout construire différemment ? Comment faire ça ? (oui… à part prendre ta carte du parti cocommuniste, biensur !) En vrai ?? Comment reconstruire un modèle d’Entreprise qui donne envie ?

Je ne suis pas là à cracher dans la soupe, ma boite est sympa, du moins, les collègues y sont sympas.

La gestion de l’humain, c’est autre chose… je ne pense pas qu’on soit là pour ça, allez, saute dans le pressoir que j’te saucissonne…crève saucisse

Je vois que d’autres boites sont plus saines, basées sur des valeurs qu’ils n’ont pas besoin d’écrire et de se tatouer sur le cul puisque tout le monde ressent qu’elles sont fondamentalement là dans la manière de travailler au quotidien. Ces boîtes ne courent pas les rues. Si vous avez des noms, je prends !

Je ne referai pas le monde, mais je changerai certainement deux ou trois choses puisque ma bouche ne reste pas fermée et que mon cœur s’exprime avec sincérité.

J’irai ouvrir mon museau et exposer mon ressenti. Je n’obtiendrai rien de palpable, seulement de l’autosatisfaction de n’avoir rien gardé pour moi…

Je finirai sur une définition qui m’a fait rire… quand on pense à nos « managers » sous cet angle de définition, c’est rigolo !

Un cadre : nom masculin désignant une bordure rigide qui entoure du vide. Je vous laisse réfléchir, vous avez 2 heures.

La bises mes ptits magrets, soyez pas trop nerveux, après ça s’en ressent dans nos assiettes!

          Le Grand Méchant Kapital