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Je fus une dortmundoise, petit filou !  http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/0/0e/De-Dortmund.ogg

Je vois déjà vos sourcils français se froncer ! Mais où se trouve Dortmund? Que diable es-tu allée faire dans cette galère ? Rodrigue a-t-il du cœur ? Reprendras-tu de la salade ? Et la reine de toutes les questions, die Königin auf alle Fragen : Pourquoi ? Warum ?

Et bien, calmez-vous, mes amis, je m’en vais vous compter comment je suis tombée amoureuse de l’Allemagne.

Tout commença en CM1, à 9 ans. Dorothée, une charmante grande allemande brune aux longues jupes et aux chaussures en toile sus-renommées par mes compères et moi-même « pue-pieds » nous donna goût à cette langue ! Elle fut chargée pendant 2 ans de nous apprendre des chansons et quelques rudiments de cette jolie langue gutturale. Je fus même l’héroïne du spectacle de fin d’année à la kermesse de Paul Eluard et entonnai la chanson « Party, Heute ist Party !», une chanson sur une jeune coquine organisant une méga teuf pendant que ses darons se barrent au ciné ! Quelle friponne ! Was für eine Friponne ! Je me revois sur scène, du haut de mes 9 ans, moulée dans un caleçon long aux imprimés bleus improbables, avec ma queue-de-cheval et mon début de calvitie… Oui, calvitie ! Rigolez-pas, merde ! Pendant un moment je portais tout le temps des queues-de-cheval très serrées, tellement serrées que j’ai commencé à perdre mes cheveux sur le devant… méfiez-vous des chouchoux… méfiez-vous… saloperies, va ! Imaginez Père Fourras en train de chanter en allemand…

Après avoir découvert le monde merveilleux « Kinderland » (le monde des enfants) de Tina und Flori avec leur ami Robot Bim, après avoir chanté à tue-tête les chansons à texte « eins, zwei, drei, zimzalabim » (1, 2, 3, zimzalabim – le « abracadabra » allemand), « ich habe Hunger, Hunger, Hunger, habe Durst, wo sind die Cola, sind die Würste ? » (J’ai faim, faim, faim, j’ai soif. Où sont le coca et les saucisses ?), ou encore la chanson de Bummi, l’ours en peluche, ma persévérance dans l’apprentissage de cette langue fut une évidence !

Les contes musicaux que nous faisait découvrir Dorothée nous faisaient voyager dans nos petites têtes d’enfant. Nous étions loin des clichés comme quoi, certains allemands avaient de jolies lampes dans leur salon…voyez ? http://youtu.be/MnyrzUR5A0c?t=13s

Hallo FreundeLorsque ma mère me proposa de prendre allemand 1ère langue au collège, je ne pus que me réjouir ! Mes deux compères de toujours, Filochard et Krokignol me suivirent dans cette magnifique aventure. Les cours d’allemand avec Madame Desfêtes (et non « Défaite », ça la foutait mal, pour une prof d’allemand…) étaient haut en couleur. Elle avait toujours une petite anecdote à nous raconter, qu’elle nous contait en rabattant les deux pans de son gilet l’un sur l’autre : « Je vais vous raconter une petite anecdoooote ». Nous découvrîmes les aventures de Udo Waldmann et de sa sœur Brigitte qui avait une amie Karine dans les fascicules « Hallo Freunde ». Premier cours d’allemand, premier dialogue, je m’en souviens comme si c’était hier :

« Udo Waldmann, ja… Moment… Brigitte!! Telefon !! Es ist schon wieder deine Freundin Karine !»

Capitaine Burracho dealeur de putes mecs

Capitaine Burracho, dealeur de putes mecs en Rhénanie Soviétique

Séquence-émotion poignante puisque nous découvrions Udo Waldmann, un ado allemand blond -puisqu’allemand-, décrochant le combiné de téléphone filaire (à l’époque les GSM intelligents n’existaient pas) : «Udo Waldmann, oui, un moment je vous prie… Brigitte, téléphone !! C’est encore ta connasse de copine Karine !! ». Au fil de leurs aventures, nous découvrions le vieux loup de mer à moitié bourré qui veut embarquer Udo dans une cale de cargot sale pour Valpareso, afin de le revendre sur le marché d’la pute mec.

A côté de ça, Brigitte, avec son prénom pourri, tombe dans la dope et la luxure accompagnée de sa copine Karine puisqu’elles sortent tous les soirs à la « Fabrik », boîte en vogue en RDA.

Leur tante préférée, Tante Emma, noie son chagrin dans le Schnapps et la Schlagsahne (crème fouettée) jusqu’à en devenir obèse. Je me souviens d’un chapitre où elle quittait son domicile et oubliait ses cachetons… Ich habe die Tabletten vergessen…Oui bah vas y mollo sur l’prozac, Tante Emma…

Ces livres nous ont dépeint la décadence de la société allemande et ont attisé ma passion pour ce peuple.

Les années lycées furent ponctuées de rencontres avec nos correspondants allemands trop rigolos ! Nous rencontrâmes Uli (Ulrich), le beau gosse que toutes les françaises rêvaient d’embrasser sur la bouche. Il n’avait d’yeux que pour moi, la Juliette qui fait rire, même en allemand ! La correspondante de Krokignol s’appelait Franziska Strasser. C’était une petite bonne femme aux cheveux rouges, fan du film Lola rennt (Cours, Lola !) qui parlait parfaitement le français. Nous la surnommâmes « Franziska Brel »… Notre hommage au chanteur à moustache, elle adorait ça !

La musique allemande accompagnait nos vies. On aimait regarder les chaines Viva et Viva Zwei car leurs présentateurs étaient vraiment classes, drôles avec des looks improbables et assumés ! Tandis que la France avait Charlie et Lulu, animateurs mités et has been de la seule émission de « musique » de l’époque. La Grande Allemagne avait Niels Ruf et son émission Kamikaze, une sorte de Michael Youn dans ses années Morning Live, mais en plus beau gosse et plus WTF !

Ah ! Que de soupirs en pensant à leurs chanteurs à l’eau de rose, on adorait, parce qu’on les trouvait 100 fois plus kitchs que les nôtres !

Christian Wunderlich et sa machoire inférieureIls avaient Christian Wunderlich. Le nom de ce mec est une blague ! Christian Fantastique ! Sans déconner !! Un blondinet prognathe tout maig’ qui surjouait le beau gosse dans des clips plein de clichés. Il piquait la meuf black d’un caïd de la drogue des cartels de noirs latinos d’Allemagne de l’Est. Que même à la fin du clip sa meuf s’interpose entre son ex et Christian Fantastique et elle meurt d’un trou de balle sous la pluie! Putain qu’c’était beau ! In Heaven with You… ouaich ma gueule, ça c’était du texte!!

Purée!! Je sors ce clip du grenier… Oli P avec “Flugzeug im Bauch »… «(littéralement: un avion dans le ventre)… va falloir manger des fibres, gars ! Un magnifique duo digne des meilleures chansons des années 90. Avé des chœurs et des effets de voix à la Ophélaï no soucaï… A écouter, vraiment si vous avez la foi… http://youtu.be/KPP4Rqt8waw

Mais c’est aussi grâce aux chaines musicales allemandes que j’ai découvert de bons vrais groupes, parce qu’ils avaient les sorties des derniers albums avant la France, et ça, c’était bonnard!

Petit coup de cœur pour Die Ärzte (les médecins) qui chantaient Männer sind Schweine (les hommes sont des porcs).

Et surtout, Big Up à Guanos Apes!!

 

TO BE CONTINUED —- NOUS N’AFONS PAS TIT NOTRE TERNIER MOT, ACH! ——- Part 2 à venir

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