Articles Tagués ‘prêt-à-porter’

Femmes ! Femmes ! Femmes ! Oui, je plagie et je te crotte !

Bah voilà, y’en a marre ! Marre que l’image de soi nous soit dictée par le Monde.

Cet article va sûrement ressembler à d’autres articles de femelles Femen féministes et fatalement féminines, mais faut bien, que parfois, je laisse mon côté féminin s’exprimer, bordel !

La faute revient à mon ami Camaïeu chez qui je suis allée récemment et dont les jeans étaient taillés pour des femmes sans fesses ni tétons. Je pensais naïvement retrouver le modèle de jean que j’ai acheté 6 mois auparavant avec une coupe parfaite pour les filles qui sont rondes comme moi…

Alors quand je dis ronde, je dis taille 42 tendant vers un 40. Pour vous aider, visualisez une fille du 36. Posez-lui une pompe à vélo où vous voulez. Pompez, pompez, pompez […], pompez ! Uniformément, vous obtenez une Juliette. Ha ! Seul détail, qui a son importance, c’est comme si, une fois gonflée, on m’avait serrée de ses deux mains au niveau de la taille et que l’air serait remonté un peu plus au niveau du poitrail. A quelque chose près, vous visualisez ! N’oubliez pas, bien entendu, de bien refermer le capuchon, afin d’éviter le dégonflement intempestif… En cas d’évacuation trop importante, n’hésitez pas à jouer de la rustine.

Jean CamaïeuEt quand je dis « le jean parfait », je pense à un jean qui préfère avoir tout dedans, plutôt que tout dehors. Voyez ? Rien à voir avec le modèle qui laisse toutes les parties alléchantes de la bête en plein air. Celui qui refuse de contenir faux-filets et autres rumstecks. Celui qui prend soin de ne pas dévoiler votre raie au tout venant au moindre mouvement. Quoi de plus honteux que de se lever en public et de se rendre compte que le monde entier visait votre fessier ? Surtout que… si encore c’était sexy ! Mais là, ça ne l’est pas du tout !! Un vieux bout d’cul qui dépasse d’un jean, c’est visuellement insalubre !

Ainsi cette expérience exaspérante et désespérante m’a fait monter la harissa au nez.

Marre que l’on ne trouve que des vêtements, dans les magasins de prêt-à-porter, pour des filles standards. Avec des seins standards, des fesses standards et des cuisses standards. Quel est ce standard ?

La mode est aux tuniques non-décolletées : sur moi on dirait la charcutière du coin. Un décolleté qui s’ouvre seulement sur le cou, et je ressemble à Maïté. Ma féminité est donc emprisonnée et je n’ai plus qu’à aller préparer des terrines de foie de veau.

La mode est aux jeans tailles basses. Ces jeans qui ont la braguette aussi longue que ton pubis. Quand tu la remontes, tu te dis « déjà ? ». Quand tu regardes jusqu’où il remonte, tu te dis « encore ! », et quand tu jettes un œil dépité à ta faussette fessale, tu te dis « j’ai froid… ». Ce jean qui t’arrive tellement bas sur les hanches, qu’il faut prévoir un haut bouffant pour planquer les parties saillantes (un sac en toile de jute fera l’affaire), au cas où, pardonnez-moi l’idée folle qui va suivre, tu voudrais t’assoir.

Grâce à vous, Ronds de Textile, je me sens dégolasse ! Et pourquoi… Pourquoi ? Je vous le demande ! Et bien je suis sur le point de vous dévoiler la raison de tant de haine envers les Mères Dodues !

Quand on vous dit « femme fatale », qui pense à Kate Moss, Paris Hilton ou Keira Nighley ?

Qui ne penserait pas à Marilyn Monroe, Monica Bellucci, ou Cindy Crawford ?

Moi je pense que le monde a peur des rondes. Peur de notre pouvoir. Peur de ce que l’on dégage. (et peur qu’on le mange aussi… un peu… parfois…). La femme ronde qui s’assume a le monde à ses pieds (et fait souvent de la rétention d’eau, il faut donc lui masser les jambons). La femme ronde qui s’assume évoque sensualité, délicatesse, confort (bah, si, si, on est hyper confortables), et envie. La femme pulpeuse donne envie de la secouer, pour pas qu’la pulpe reste en bas, d’aucuns diront.

Lizzie MillerNous sommes la femme, la mère, dont les hommes rêvent.

Nous sommes le pouf, le canapé confortable dont les autres femmes rêvent.

Alors soit ! Si Camaïeu ne veut pas nous mettre en valeur, nous irons ailleurs ! (Si vous avez des adresses autres qu’Armand Thiery, je suis preneuse !). Si le port du jean ne nous sied pas, nous porterons des robes, des bustiers, des jarretelles, des corsets… Nous redoublerons d’efforts pour montrer que nous sommes la femme avec un grand Q !

Brisons les codes, craquons les pantalons trop serrés dont les tailles sont mises arbitrairement ! Si tu ne rentres pas dans un 42, c’est parce que la vendeuse a suivi des instructions très simples et très très méchantes dont voici les détails…

Le stock reçu en magasin ne contient que deux tailles : 36 et 38. Il y a 3 fois plus de fringues en 38, parce que un tiers est étiqueté en 38, et les deux autres en 40 et 42. OUI !! Je dénonce ces opérations sournoises !! et Ouiiii, tu viens de bloquer sur mon énoncé digne d’un problème de maths de 4è!

Méfie-toi, Plantureuse créature, par ces plans machiavéliques le monde veut que tu te forces à rentrer dans ce 42 pour qu’en finalité tu perdes ton pouvoir, car tu feras du 38 ! Oui !! Tu seras alors rangeable dans le tiroir « standard » et ta vie sera morne, sèche et fade…

Que seraient les danseuses du ventre, sans ventre ?JP

Que serait la branlette espagnole, sans… espagnole ? (?!!??)

Que serait la vie sans le gras ?

Que seraient les maigres sans prothèses PIP ?

Que serait Noël sans ma mère ?

Autant de questions qui vous donnent à réfléchir ! Les fesses, les cuisses, les seins, ça donne faim !

Et n’allez pas associer la rondeur au fait que nous mangeons mal ! Bon nombre de mes compatriotes sont dans le même cas que moi, une vie saine, du sport, et pourtant, l’enrobage est toujours là ! Nous aimons la vie, la vie nous aime en retour et nous donne plus que nous n’avons besoin alors, nous exposons le surplus ! Nous en faisons profiter le monde ! Nous sommes généreuses, nous partageons, nous montrons. Quand nous dansons, tout danse avec nous ! Quand nous interpellons quelqu’un d’un geste du bras, tout notre corps vous réclame ! Quand nous imitons Shakira, l’onde de choc de nos émotions vous terrasse. Toute cette puissance vous effraie et vous fascine ! Vous en devenez accros. Vous en voulez toujours plus ! Petit à petit, vous osez clamer votre admiration pour ces corps généreux !

Christina Hendricks lingerieAlors, toi, le Monde, je te demande de ne plus te voiler la face et de nous aider à nous révéler ! Intègre-nous dans ton paysage, redonne-nous notre place de muse ! Fais de Christina Hendricks, notre Sainte Mère. Nous sommes des Déesses et tu te dois de le savoir !

(et dis aussi à Camaïeu de faire des jeans avec des vraies coupes… steuplé…)

Des bisous dans ton cou.

Ju.

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