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Continuons le tour dermatologique de ma vie. Halte-là, me voilà au lycée!

1999-2001 : les années Lycée

Nous voilà bourlinguant dans un lycée catholique… enfin… un institut… une fois de plus, les catholiques savent vraiment bien choisir leurs mots !

Quel monde froid et terrifiant rempli de jeunes gens riches aux esprits étriqués. Oui car pour eux, nous étions de « la zone industrielle »… N’habitant pas dans les hauteurs de Saint Germain-en-Laye, nous étions pour ainsi dire des « étrangers »… voyez ? Ces « étrangers » aux fringues H&M, aux discours décomplexés, aux cheveux soyeux, à l’humour fin… enfin, vous voyez quoi ? Ces « étrangers » là !

Première épreuve : le week-end d’intégration au Mont Saint Michel, ouaich ma Nonne !

Je ne peux pas cracher sur tout. Dans le car qui nous y emmenait, nous avons rencontré Mona, qui devint « Mona la caille », la seule racaille Iranienne de l’Institut Notre Dame qui avait été, elle aussi, parachutée from Cergy to Saint Germain pour réussir à l’école. Quand j’y repense, elle a tenu 2 mois, et est partie dans des conditions obscures qui ont été surement occultées par mon inconscient.

Arrivés au pied du Mont, on nous annonça qu’on allait faire la traversée du Mont à pieds. Super expérience ! Patauger pieds nus dans la vase, s’enfoncer dans des sables mouvants, cela m’a valu les meilleurs fou-rires-pissou de ma vie. En effet, j’en compte quelques-uns… à noter que toutes les fois où je me suis pissée dessus c’était toujours en binôme avec mon compère Filochard… étrange…

Pendant ce temps, Mona chantait « Yannick j’aime ton flow, j’aime ta voix, j’aime ton style, mais surtout j’aime ta maille ! »… c’était juste avant que Yannick sorte son tube interplanétaire « cette année-là », souvenez-vous !

Après la traversée, tout s’enchaina, nous n’eurent pas le temps de comprendre ce qui se tramait que nous étions déjà tous assis en cercle dans une MJC autour de Dominique et sa guitare…

NAAAAAAAAN !!! Pas des chants de propagaaaaande !

La Jeannette psychopathe en moi se léchait les babines et laissait apparaitre de jolis crocs, tandis que la jeune Hardeu-rockeuse me criait de résister à l’oppression !

Revenons à Dominique… Dominique était un professeur de français blond aux cheveux hirsutes. Il était un peu la star du lycée dans le sens où il composait des chansons à la gloire de Dieu, Jésus, Marie, Joseph et toute la smala. Il se promenait toujours avec sa guitare et son tabouret pour poser la jambe sur laquelle il posait sa guitare. Une sorte de ménestrel que tu aimerais bien ébouillanter à l’huile. Vous situez ? C’était en quelque sorte le Goebbels de l’Institut avec ses chants religieux qui font bouger les djeuns aux pulls sur les épaules…

Les gens m’appellent l’idole des cathos, il y en a même qui m’envient!

De ses meilleurs titres nous retiendrons :

–          t’es pas tout seul, un titre profond qui met en rejet la société individualiste. Il t’explique que Jésus est derrière chacun de tes pas. Une chanson qui fait grave flipper quand tu y réfléchis bien parce que… bah merde quoi, ça fait flipper de te sentir suivi, épié, scruté, dans la joie, la bonne humeur et la Paix du Seigneur !

extrait en LA mineur : « t’es pas tout seul ! qu’ess’t’as ? des doutes ? Quelqu’un va marcher sur ta routeuuu. Sais-tu ses yeux ? Sais-tu ses doutes ? Sais-tu ses rêves et ses dérouteuuuu ?

–          Comment t’écris 2000 ? On notera quand même que pour un prof de français, il fait beaucoup trop de contractions du français. Pour un catholique averti (en vaut mieux que deux tu l’auras), il se pose quand même beaucoup de question. Comment faire confiance à quelqu’un comme ça ? Je vous le demande… mais là n’est pas la question.

Dans cette chanson, nominée dans la catégorie Chanson de l’année aux Victoires de la musique 2000, il est question d’orthographe. « Comment t’écris 2000 ? Comment t’écris 2000 ? Tu mets un 2 et trois zéros ! » Plus que de l’orthographe, c’est un pied de nez aux mathématiques ! Cette chanson fut composée en l’honneur du Jubilé de l’an 2000… Oh? Sans déconner !Evènement moultement attendu par la communauté catholique, presque autant que le Bug pour les informaticiens…

Autant vous dire qu’en 2000, on en a bouffé des rassemblements dans le gymnase en mode Vél’d’hiv ! Je vous jure, j’exagère à peine ! Parfois le matin, ils nous prenaient par surprise en nous faisant entrer par le grand portail et sous les auvents, notre trajet était guidé par des bougies qui bordaient le chemin. Nous arrivions ensuite dans le gymnase où nous attendaient Dominique, sa guitare et son tabouret, tous trois chauds comme la braise pour célébrer Dieu et ses Saints, Alléluia ! Alléluia !!

Quelque peu hermétiques à ces pratiques, nous furent rapidement surnommées les Satanistes, tout ça parce que nous avions fait les cornes du diable avec nos doigts sur la photo de classe… alors que nous n’étions pas Satanistes, mais Gothico-métallo-rebelles ! Au moins, les menaces de mauvais sorts fonctionnaient bien, et dans l’ensemble, on évitait de nous emmerder !

1998 : rencontre de mon premier amour. Un jeune métalleux torturé façon The Cure qui sait pas où il a mal. Cette histoire dura 2 ans.

Nous trainions avec la bande de potes de mon mec, ils avaient un groupe de rock. Je sortais avec le batteur, Krokignol avec le chanteur guitariste. C’était la belle vie, on buvait des despés sur les bords de Seine (un pack de 6 pour 10) et avec Krokignol, nous avions même acheté au tabac de Parly 2 un paquet de 10 de Marlboro light en cachette de sa mère… La liberté, mon pote!

3 Juin 2000 : L’apogée de cette période fut sans aucun doute, le concert du 3 Juin. Queuwa ?? tu sais pas qu’il y avait eu LE concert du 3 Juin ?

Mon mec, qui ne l’était plus pour la 3è fois de notre relation, avait organisé un concert en plein air dans le jardin de ses parents pour fêter son anniversaire.  C’est ce soir-là qu’on ressortit ensemble. Ma bande et moi-même décidâmes également que c’est en ce jour qu’il faudrait dorénavant fêter la « Fête du Slip ». A vrai dire je ne sais pas pourquoi, mais c’est, depuis, une vraie tradition et nous ne manquons jamais de nous la souhaiter.

Eté 2000 : le glas de ma relation a sonné. Une scission au sein du groupe est entamée. Dans notre clan : Krokignol, son mec le chanteur, sa sœur la Beubon. Les soirées d’été se succèdent, laissant choir des cadavres de bouteilles de bières.

C’est toujours sur les coups de 3 heures du matin, lorsque tout le monde commençait à mollir que la soirée prenait un tournant bizarre. Ce tournant, nous l’attendions tous, il était connu sous le nom de… L’expédition punitive !

Nous montions dans la chambre des parents de Krokignol, enfilions chacun un caleçon de son Daron ainsi que des bas de sa mère sur nos têtes et nous chaussions nos Docs. Un sac rempli de cadavres de bières sur l’épaule, nous nous faufilions dans la nuit jusqu’à la maison de mon cher ex-métalleux-torturé-je-sais-pas-où-j’ai-mal pour disposer gentiment chaque bouteilles vides unes à unes sur le pas de la porte. Cela fonctionnait également avec des vieilles valises jetées par les voisins, ou encore des sacs rempli de gazon fraichement coupé. Tout cela était fait à moitié bourrés tout en rigolant pas trop fort afin de ne pas être repérés…

C’était bon d’être cons !

Rentrée 2000 : je deviens étudiante… attention, on ne déconne pas… Juliette Pirouette en école de commerce… !

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